LE CHEMIN DU SERPENT

D’après le roman de Torgny Lindgren
Adaptation et mise en scène : Marc Toupence
Production Théâtre du Pilier, co production Théâtre Granit, scène nationale BelfortDistribution
Benoit Giros
Leslie Montagu
Sandrine Nicolas
Ludmila Ruoso
Marc Voisin

Le Chemin du serpent est une oeuvre surprenante qui conte l’histoire de trois générations d’une famille de paysans au milieu du XIXème siècle en Suède, spoliée de ses terres par
l’endettement, seul recours pour survivre en temps de famine.
« Seigneur, vers qui nous tourner ? »
Tel est le lancinant refrain qui rythme ce roman incantatoire dans lequel Jani, le narrateur -
dernier descendant d’une famille détruite – interpelle le Très Haut et lui raconte, dans son
langage proche des Écritures, les injustices qui ont frappé sa famille. Il a deux ans lorsque sa mère, Téa, encore jeune femme dont le père vient de se pendre après avoir perdu ses terres pour combler ses dettes, fait le compte de son maigre patrimoine. Il ne lui reste qu’une cabane de bûcheron dont elle doit payer le fermage et quelques terres hypothéquées par le défunt à un vieux et riche marchand, Ol Karlsa. Ce dernier insiste pour que le fermage soit payé. Ne pouvant acquitter sa dette, Téa est contrainte de « régler en nature » et son corps devient alors monnaie d’échange…
Cette dette héritée de son père se transmettra à sa fille Eva, puis à Johanna, la femme du
narrateur. De 1849 à 1875, le plus souvent la dette est payée par le corps des femmes. Mais lorsque Jani et sa femme Johanna refusent de l’acquitter, le marchand Karl Orsa, fils d’Ol Karlsa, viendra détruire la maison au petit matin. Jani sort alors armé d’un fusil, il vise le marchand et assiste impuissant à l’ultime désastre. La montagne s’effondre en emportant tous les occupants de la maison : le marchand et ses sbires, mais aussi sa femme Johanna et leurs trois filles.
Seul survivant face au non sens de cette catastrophe, il se tourne vers son créateur et comme Job, lui demande des comptes.